Le groupe Addoha a annoncé le 20 octobre dernier avoir procédé au rachat partiel de Fadesa Maroc. Voici ce que l’on pouvait lire dans l’Economiste :
La holding Martinsa-Fadesa vient de céder, via sa filiale locale (Fadesa Maroc), la totalité des actions de ses deux grandes filiales (Citaf et Optim Immobilier) au groupe Addoha. Le contrat d’acquisition a été signé le 15 octobre à Madrid. Montant de la transaction: 1,8 milliard de DH pour une réserve foncière de 710 hectares.
C’est clair pour l’acquéreur: «Aucun dirham ne sortira du Maroc. L’ensemble du foncier acquis appartenait à Fadesa Maroc», entreprise de droit marocain.
Toujours dans le même article, le management d’Addoha concernant l’éventualité d’un rachat total déclarait :
De là à imaginer que Addoha pourra absorber un jour Fadesa Maroc? La question mérite réflexion. En tout cas, le contrôle à 100% par le groupe de Anas Sefrioui n’est pas à l’ordre du jour. Il est écarté pour le moment.
Ce rachat partiel pose de nombreuses questions.
Premier question : Le groupe Addoha n’a-t-il pas payé trop cher ? 1.8 Milliards semble élevé, notamment si on les compare aux 1.3 milliards dépensés pour l’achat des 50 premiers pourcents de Fadesa Maroc (*). Cela semble aussi très élevé si on compare les 1.8 milliards dépensés avec le résultat d’exploitation du 1er semestre 2008 qui est de 484 millions de dh. Question subsidiaire à quel niveau le groupe Addoha s’est-il endetté pour effectuer ce rachat ?.
Seconde question : pourquoi acheter une réserve foncière supplémentaire alors que le groupe Addoha ne semblait pas avoir de besoins de ce coté. Le PDG d’Addoha déclarait à la vie Eco (avant l’annonce de ce rachat) :
Elle (la réserve foncière) est de 5 764 ha. Comme je viens de l’indiquer, cela représente 30 millions de mètres carrés couverts commercialisables ou encore environ 7 ans d’activité.
Troisième question : pourquoi seulement un rachat partiel et pourquoi rester si évasif sur les autres filliales :
- Société d’Aménagement de Saïdia
- Urbatlas
- Les Résidences du Soleil
- Les Terrasses du Soleil
Est-ce que cela signifie que ces filiales sont susceptibles d’être revendues. Est-ce qu’il est envisagé qu’elles puissent un jour déposer le bilan ?
Quatrième question : quel est le niveau d’endettement de Fadesa Maroc ? La phrase du « Aucun dirham ne sortira du Maroc » semble suggérer que l’argent du rachat rachat servira à honorer les échéances bancaires de Fadesa Maroc.
Cinquième question (en guise de conclusion) : est ce que le groupe Addoha n’a pas tout simplement sécurisé les actifs ayant de la valeur en laissant dans la structure Fadesa Maroc les actifs « risqués » ? Si tel est le cas on peut toujours se demander quel est l’avenir de Fadesa Maroc.
Toutes ces questions il est probable que de nombreux investisseurs se les posent. C’est peut être pour cela que l’action Addoha à encore perdu 3% aujourd’hui à la bourse de Casablanca.
Relire :
- Le risque « FADESA MAROC » ???
- L’avenir de Fadesa Maroc ?
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(*) il est difficile de comparer précisément les deux opérations car les données sont différentes : Lors de la 1er opéation, Addoha possédait a priori les 50% de la CITAF et aux 1.3 milliards de dirham s’ajoutait une reprises de dettes.