Maroc : logement social à 450.000 DH ?

Sous le titre « Fini, le logement social » voici ce que Chakib Bennani, président de la Commission fiscale de la FNPI (*) répondait au sujet du logement social au journaliste de l’Economiste :

Nous avons décidé de ne plus faire du social parce qu’il était devenu bien plus cher qu’au départ. D’abord, tout a augmenté (salaires, matériaux, foncier, etc.) sauf le prix de vente qui est resté à 200.000 DH. Ensuite, l’Etat n’a pas cessé d’augmenter les impôts de toutes sortes (IS, taxes locales, droits d’enregistrement, etc.).

Enfin, le comble, le nombre d’appartements autorisés à construire par hectare a été réduit de moitié. On est ainsi passé de 300 à 165 appartements. Rentrer dans ces frais dans de telles conditions est très difficile.

Au sujet du logement social, voici ce qu’Anas Sefrioui PDG du groupe Addoha répondait aux journalistes de la Vie Eco :

Un projet que nous supervisons dans la ville, «Les Portes de Marrakech», avait pour vocation première de fournir des logements économiques à 200 000 DH.

Lors de la phase de commercialisation, la pression de la demande nous a amenés à augmenter les prix. De 200 000 DH, nous sommes passés à 300 000 DH, puis à 450 000 DH. Et la demande était toujours au rendez-vous. Bien sûr, nous avons au préalable effectué les démarches auprès de la direction des impôts pour lui restituer les avantages fiscaux qu’elle nous avait accordés dans le cadre de la convention signée.

On peut dire en quelques sortes que les « pauvres » permettent aux promoteurs immobiliers d’augmenter leurs marges, c’est en tout cas ce que reconnaît implicitement le groupe Addoha :

A noter qu’au premier semestre, le résultat d’exploitation du groupe ressort à 484 millions de DH contre 241 millions de DH réalisé durant la même période de l’année écoulée. Ainsi, la marge opérationnelle gagne 4 points à 37,2%. Cette amélioration du taux de marge s’explique principalement par l’augmentation des prix de vente.

(source le matin)

Toujours au sujet du logement social, on se rappellera cette étude du ministère de l’habitat :

50% des ménages exclus du programme 200.000 DH
Pour un Smigar, il faut 55 ans d’épargne pour pouvoir acheter un logement social à 200.000 DH. C’est l’une des conclusions qui retiennent l’attention à la lecture de l’étude du ministère de l’Habitat sur l’évaluation du secteur entre 1980 et 2006 …

(Source l’Economiste)

A 450.000 dh on a dépassé les 123 ans d’épargne !!! La situation ne peut durer. L’état devra rapidement choisir entre la bourse et l’immobilier.
_______________
(*) Fédération Nationale des Promoteurs Immobiliers

À propos de Laurent Bervas

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière spécialisée dans la Location Appartement Casablanca
Cette entrée a été publiée dans Immobilier, avec comme mot(s)-clef(s) . Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.