Investir dans le capital humain
(Petite réflexion suite à un échange avec Philippus au sujet du développement économique dans les pays émergents).
En l’absence de ressources naturelle le Maroc n’a pas d’autres choix que d’investir dans le capital humain, c’est à dire son système éducatif. Force est de constater que jusqu’à présent on a surtout privilégie l’investissement dans l’immobilier.
Le meilleur exemple est le Casaneashore.
2.7 milliards de dh (1) on été consacré au projet immobilier. Avec 2.7 milliards, à raison de 135 000 dh (*) pour 3 ans d’études, on aurait pu former 20 000 ingénieurs …
PS : Lire à ce sujet l’article du monde d’hier au sujet de l’Offshoring de la R&D :
La quête de talents et de créativité motiverait en revanche les décisions de localisation dans l’informatique et l’électronique. Le constructeur Hewlett-Packard ne dépenserait ainsi plus que 20 % de son budget de recherche aux Etats-Unis ; le reste est réparti dans des laboratoires situés en Angleterre, Israël, Inde, Russie, Chine et Japon.
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1) Source : http://www.cdgdev.ma/upload/index/presse/2.pdf
2) Une année d’étude à Supinfo au Maroc coute 5.000 euro par an
Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.







“Le constructeur Hewlett-Packard ne dépenserait ainsi plus que 20 % de son budget de recherche aux Etats-Unis ; le reste est réparti dans des laboratoires situés en Angleterre, Israël, Inde, Russie, Chine et Japon.”
C’est l’une des raisons qui ont fait que HP a été l’un des rares tech à publier des résultats ; mardi 18 Nov. 2008, au dessus des prévisions attendues du marché. HP a permis a fini en hausse de 14% .
Mais HP, ce n’est pas que du service - qui représente peu dans son principal secteur : le D&R , contrairement à IBM par exemple dont le service compte pour une part importante - . Attirer des Entreprises comme HP ou SUN ou même Oracle ( qui a une une antenne au Maroc, plus pour la vente de ses progiciels que pour faire du R&D) c’est disposer d’une élite formée techniquement et humainement. Il faut en plus d’une excellente maitrise technique, de la communication, et dans une certaine mesure une bonne culture général en plus bien évidemment d’un niveau élevé de l’éthique. HP cherche le mouton à 5 pattes .
Ici le commentaire du CEO de HP, juste après la publiaction :
“Chief Executive Mark Hurd said in a statement that the company is dealing with “a challenging marketplace,” but benefiting from its international presence, broad customer base and ongoing cost-cutting efforts. ”
HP a fini la séance de Mardi à +14.5% , une excepetion dans un “bain de sang”.
Je voudrais qu’on regarde le problème d’un autre point de vue. Prenons 10 enfants qui sont en age d’être scolarisés. Sur ces 10 enfants seulement 3 arriveront au bac (eh oui). Vu le taux de succès au bac (qui tourne autour des 50%) on se retrouve avec 1.5 bacheliers à la fin. La moitié d’entre eux on fait lettres ou éducation islamique, ( et se retrouveront de facto, sauf miracle, ouvriers, imams ou petits salariés). Nous reste donc sur ces 10 enfants, 0.75 enfants qui ont leur bac sciences (toutes branches confondues). 70% d’entre eux ont une moyenne entre 10 et 12, et vu la médiocrité de notre enseignement, n’auront certainement pas le niveau pour faire des études supérieurs consistantes (sauf exceptions). Nous reste donc, sur ces 10 enfants, 0.225 enfants qui ont (plus ou moins) un niveau scolaire scientifique décent, à ventiler sur toutes les branches : médecine, pharmacie, ingénierie(toutes options confondues), architecture, commerce-finance, … Et à la fin on se demande pourquoi on ne forme pas assez d’ingénieurs?? En fait on ne forme ni assez d’ingénieurs, ni assez de médecins, ni assez de pharmaciens, … Le travail est à faire bien en amont : combattre la déperdition scolaire, optimiser l’orientation en fonction des attentes du monde du travail, et améliorer la qualité des programmes scolaires, des conditions de scolarisation et l’amélioration des conditions sociales des enseignants. Sans ce minimum, on pourra toujours rêver de progrès, mais rêver seulement…
@Miro
“…sur ces 10 enfants, 0.225 enfants qui ont (plus ou moins) un niveau scolaire scientifique décent, à ventiler sur toutes les branches : médecine, pharmacie, ingénierie(toutes options confondues), architecture, commerce-finance, … Et à la fin on se demande pourquoi on ne forme pas assez d’ingénieurs?? …”
Sur ces 0.225 pour 10, il y’en a combine qui partent à l’étranger ? Un bon tier ? Hélas, ce sont les meilleurs qui s’en vont . En final, le maroc se trouvera tjs dans une pénurie .
@miro
Effectivement - sans avoir les chiffres je me demandais comment on pouvait former 20 000 ingénieurs. La réponse en effet se trouve en amont
un petit lien pour mesurer la faillite du système éducatif:
http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_778/html_778/lafaillite.html
“Sur cent enfants scolarisés, seuls treize décrochent le bac; et sur ces treize rescapés, dix redoublent au moins une fois” . Affligeant.
En plus des difficultés économiques rencontrées par leurs familles et la nécessité d’apporter au plus vite un salaire supplémentaire, d’autres facteurs démotivent aussi les ados marocains de poursuivre leurs études : chômage important des jeunes diplômés universitaires, jobs peu intéressants en regard du diplôme obtenu (réassortisseur chez Marjan pour un historien, ouvrier chez Maroc Telecom pour un sociologue et j’en passe), bakchich très élevé à payer à l’employeur pour obtenir un job en tant qu’universitaire (réalité entendue et réentendue à Marrakech et dans le Sud). Cette situation n’incite pas à la formation et mène à une importante population non qualifiée.
La corruption est sans doute l’un des pires maux du Maroc. Alors que ce pays est splendide et a des potentialités énormes, notamment de par sa position géographique et le caractère de ses habitants.
@miro
Merci - cela me servira de base pour un billet a venir
@Abdel: J’ai dans mon cercle d’amis quelques un(e)s des individus les plus brilliant(e)s du pays (de leur generation en tout cas). Parmi ceux qui on quitte le Maroc, l’ecrasante majorite le fait par degout vis-a-vis des abus gouvernementaux, de la situation politique pourrie et de la prevalente mentalite de complaisance. Il y a bien entendu, l’exception qui reste au Maroc pour gerer un patrimoine ou autre, mais ce n’est pas le cas pour le commun des mortels.
Investir dans le capital Humain, c’est bien. Attirer ce meme capital en garantissant un etat de droits, l’egalite, la souverainete du peuple, etc. c’est mieux.
Les gens qualifies ne quittent pas le Maroc pour les sous. Ils auraient une meilleure qualite de vie en restant au bled mais choisissent l’exil. Il le font pour etre traiter comme egaux dans de veritables democracies, ou bien que non-natifs, leurs droits sont garantis. Chez nous, meme les Marocains voient leurs droits pietines au quotidien.
La fuite des cerveaux est reelle, et mis a part l’exception des paradis fiscaux, c’est les démocraties libérales qui en profitent. Le Maroc ne peut pretendre jouer dans la meme ligue. Le discours nationaliste et l’espoir de voir changer les choses a peut etre marche durant les annees suivant l’indépendance, mais les regles du jeu on change a present. Rares sont ceux qui se font encore des illusions.
@lixy
Merci … commentaire repris ici :
http://www.casawaves.com/2008/11/20/maroc-la-fuite-des-cerveaux/
L’article est un véritable plaidoyer, il n’y a pas une seule ligne que je ne peux approuver . (Il aurait pi être l’occasion d’un riche débats d’idées sur le devenir du Maroc, mais il donnera l’occasion à des tiraillements stériles )
Je relève cependant certains passages me paraissant d’une scandaleuse vérité :
“Chaque élève nous coûte environ 5.250 dirhams par an (près de 525 dollars). Toutes proportions gardées, ainsi que le différentiel des ressources financières disponibles et du rapport à la démographie, la Tunisie et l’Algérie dépensent, respectivement, 700 et 1.300 dollars par an et par enfant scolarisé.”
en conséquence :
“…est que ces deux pays obtiennent de bien meilleurs résultats en termes de rendement de leurs investissements dans le secteur dual enseignement-formation.”
quant à l’actuelle ministre de l’éducation, se contente d’acquiescer :
“Ahmed Akhchichine, confirme cet état de fait, sans hésitation : « Nous sommes, dit-il, le seul pays au monde a ne pas disposer d’un outil d’évaluation de notre système éducatif ».”
Son cas relève t-il de la passivité qui frise la correctionnelle ? ( comme le note l’édito) .
L’autre vrai désastre ( a été soulevé ici même dans un billet et a motivé une kyrielle de commentaires), c’est l’arabisation .
On s’est trouvé du jour au lendemain, nul en arabe et nul en langues étrangères .
L’article poursuit donc
“Un vrai désastre prémédité. Il a, du jour au lendemain, décrété l’arabisation des matières scientifiques dans le cycle scolaire, tout en maintenant l’usage du français comme langue d’enseignement à l’université.”
Par ce que je perçois du maroc sur le sujet et par les échanges divers, la grande question qui me vient est de savoir si la Pays utilise ou non ses forces vives en science humaine notamment ses sociologue, avant de s’engager dans des directions de développement économique sur le terrain. Tous semble répondre à des objectif de rentabilité afin de faire certes travailler le peuple, mais nous voyons que le peuple et les besoins ne sont pas compatible au moment présent.
Pour exemple ; L’école de base de Jules Ferry début 1900 en france qui répondait aux besoins des niveaux de la société, aurait-elle pû répondre aux besoins d’un système occidental des années 2008 ?
Nous parlons de formation de quelques personnes qui pourraient répondre à terme à certains secteurs étraggers bien souvent au Maroc et aux douces évolutions techniques interne aussi, mais la réalité des gens sur le terrain par la masse est loin de tout cela.
Il n’est pas étonnant que les chiffres exposés par Miro, reflètent effectivement le peu d’investissement fait au niveau éducatif, mais en serait-il autrement avec plus de moyens ? Les écoles rurales nombreuses au maroc réponde aussi à des attentes rurales des parents et culturellement. Pas étonnant que peut d’enfant finissent aussi seulement juste au dessus de leurs parents et rarement au nidveau des diplômes suppérieurs. Les besoins réels de terrain sur le plan professionnel réclame quoi en vérité au regard de l’état social et productif de ce pays ? Le Maroc est un pays avec ses réalités et ses besoins mais la télévision est occidentale par ce que l’on met dans la tête de chacun.
Attention, une éducation à l’entreprise n’est pas l’Education avec un grand E au sens des experts des sciences humaines. La facture sera lourde. La France ne s’est pas développé dans son ensemble en formant pour produire mais en formant aussi des hommes par leurs pensées, bien qu’insuffisamment pour moi. l’image que nous avons de la formation au maroc répond à des besoins, celui des autres, mais pas aux propres projets du Maroc, qui suit le Nord au lieu de s’inventer son propre développement industriel suffissant pour répondre à la réalité des besoins de la base. Eduquer il en restera toujours une base, formez, mais ensuite avec les mouvements économiques des entreprises il ne reste que des chômeurs, qui sont à la charge d’un pays, et non des actionnaires, étrangers souvent ici…..maintenant la fuite des cerveaux locaux ou des surplus de formés seront aussi vite attirés par des conditions en europe même si des propositions existent, qui ne pense plus au Maroc d’aller travailler et vivre en France ? L’immigration choisie ils disent en europe déja. Le Maroc est un pays d’agriculture et rural, il serait bien aussi d’apporter une vision sur cette réalité la qui à été mise de côté depuis des années. Répondre à des demandes présentes ne répondra plus bien vite aux besoins réels qui arriveraient bientôt. Le décalage entre villes et villages au Maroc est significatif pour celui qui regarde. Mais ou sont les sociologues…..? Immobilier, tourisme, cela sert à quelques employés mais rend esclave le pays des autres. projets internes pour enrichir le Maroc et les peuples dans le temps et péréniser le futur….lesquels ?
Philippus
miro on November 20th, 2008 at 1:22 pm
@miro
un petit lien pour mesurer la faillite du système éducatif:
http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_778/html_778/lafaillite.html
L’article en lui même expose, fait le bilan et dénonce les causes de cet état de chose. Par certaines constatations exprimées par des ministres c’est même de l’autoflagelation…..
La question qui émerge réside bien dans la compétence inexistante de ceux qui étaient à la tête à divers moments et encore maintenant. Faut-il des rapports internationaux pour en extraire l’incompétence des gens censés gérér certains secteurs aussi important ? Entendre un ministre dire que le Maroc est le seul pays au monde à ne pas avoir d’outil indicateur et de suivi de l’état de l’éducation, et ce depuis l’indépendance !!!!! Vous imaginez gérer une petite entreprise sans aucun repères ou les yeux fermés ? Pas étonné de voir ce même schèma se reproduire jusqu’à la base dans tous les secteurs. De quelle évolution ou développement parle-t-on au maroc ? Oui celui des étrangers investisseurs je sais, cela se confirme, en copiant un modèle mais avec des moyens humains d’un autre âge il semble. Il n’est pas trop tard pour le Maroc de retrouver ses valeurs et ses réalités pour le bien de tous, et même pour aider l’étranger demain.
Un pays est développé par ses hommes pour leur pays point par les chiffres financiers d’un développement.
Philippus
Pour info des indicateurs d’éducations se font pendant des années et donnent une image de l’évolution de l’éducation au regard aussi des nouvelles générations, ce qui permet, non pas annuellement mais avec un certain nombre d’années et même des générations pour comparaison, de savoir ou se situe la vraie évolution des hommes, intellectuelles, morales, ou autres selon les études…etc…..en s’y mettant en 2008 (avec qui quoi comment avant ?) le temps de faire les premières études du terrain, les premiers indices exploitables ne viendraient que dans………….inch allah.
La gestion en générale est-elle compatible avec certains pays, ou le modèle occidental peut-il être appliqué par choix ou besoin ? L’occident en voulant “démocratiser” le reste monde ne le met-il pas sous une autre forme de dépendance pire que la première de terrain ?
Philippus
@miro,
j’avais conscience que les politiques successives de l’enseignement au Maroc menaient le pays à la catastrophe (je me rappelle encore d’un certain minsitre de l’ensiegment Laraki), mais vu les chiffres que tu donnes j’étais loin d’imaginer la profondeur du mal accompli. Je me rappelle au passage un scandale : toute une promo de l’école Mohammedia des ingenieurs, je précise toute la promo, a quitté le maroc en 2003 (de mémoire).
Mystère, on se demande avec tout ça comment ce pays arrive encore à s’en sortir. La baraka sans doute.
Investir dans le capital humain…….
pour revenir sur le titre, on n’investi pas sur l’humain, c’est maleureusement la capitalisation des hommes comme simple élément économique qui est le germe de l’injustice, de l’inéquité….etc….
Humanisons vraiment le système ensuite l’homme répondra de manière positive à tous le reste de nos fonctionnement.
Le monde marche sur la tête.
Philippus