Article « La faillite de l’école : Des millions de petits Marocains sans avenir » (*) sur maroc-hebdo.press.ma :
Sur cent enfants scolarisés, seuls treize décrochent le bac; et sur ces treize rescapés, dix redoublent au moins une fois. Un constat sans appel où les chiffres se passent de tout commentaire. Si ce n’était le coût de cette véritable catastrophe nationale. Voilà un échec patenté qui engloutit 26% du budget de l’État, soit 31 milliards de dirhams pour l’exercice 2008. Chaque élève nous coûte environ 5.250 dirhams par an (près de 525 dollars).
Toutes proportions gardées, ainsi que le différentiel des ressources financières disponibles et du rapport à la démographie, la Tunisie et l’Algérie dépensent, respectivement, 700 et 1.300 dollars par an et par enfant scolarisé. La différence avec nous, visible dans le rapport de la Banque mondiale, est que ces deux pays obtiennent de bien meilleurs résultats en termes de rendement de leurs investissements dans le secteur dual enseignement-formation.
L’actuel ministre de l’Éducation nationale, Ahmed Akhchichine, confirme cet état de fait, sans hésitation : « Nous sommes, dit-il, le seul pays au monde a ne pas disposer d’un outil d’évaluation de notre système éducatif ».
Si jamais ce tableau n’était pas assez noir, il faudrait y ajouter des indicateurs révélateurs d’énormes disparités régionales, dans le même domaine. D’autres études, d’inspiration nationale ou internationale, font état de 60% d’établissements scolaires sans électricité, de 75% sans eau courante et de 80% sans équipements sanitaires; le tout, dans le monde rural.
Pour que cette vision panoramique et introspective de notre réalité sociale soit plus ou moins complète, il faut rappeler que 40% d’entre nous autres Marocains sont analphabètes.
(*) Merci à miro pour le lien (commentaire sur Investir dans le capital humain)