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Philippus : peintre et philosophe au Maroc

Premier portrait des contributeurs de Casawaves.

Connu sous le nom de PHILIPPUS, sur Casawaves entre autres, cet artiste peintre et philosophe nous dévoile ses expériences en tant que telles au Maroc. Un parcours riche et orignal qui mérite d’être suivi de près.

Vanessa Pellegrin : On te connaît sous le nom de Phillipus sur Casawaves, peux tu nous donner ton  vrai nom, ton âge et ta nationalité?

Philippus : Philippus est mon vrai nom, le reste est provisoire le temps terrestre …
Sinon, Philippe DELESALLE. Né en 1961, donc dans ma 48 ème année actuellement. Né à Lille en France.

V.P : Depuis quand es tu au Maroc, pourquoi ?

P : J’ai quitté volontairement la France fin 1998 pour des raisons diverses mais prioritairement par choix philosophique et spirituel afin de poursuivre un cheminement personnel dans ce contexte. Je suis parti en Mauritanie deux années dans le cadre associatif par ma propre structure, puis j’ai rejoins la France mais en Martinique (DOM Français) dans le cadre de me faire éditer et d’écrire. Retour en Mauritanie ensuite pour trois années et je suis au Maroc depuis octobre 2007. Une année sur Marrakech histoire de tester l’environnement artistique, sur Agadir depuis début décembre 2008…

Je n’ai pas choisi le Maroc spécialement, je vais ou me porte le temps et les besoins du moment présent. Le Maroc néanmoins est actuellement une base dans le cadre de mes tableaux, puisque depuis des années je m’intéresse aux sujets marocains sur le plan pictural. Je suis aussi très intéressé par certaines approches artistiques traditionnelles du Maroc comme les zelliges, principe que je suis en train de réadapter par quelques projets. Néanmoins par mon approche philosophique spirituelle et mes écrits je me sens plus proche naturellement du monde oriental disons, d’où implicitement ce choix du Maroc actuellement. C’est plus l’aspect économique, affairiste, matérialiste occidental qui m’a doucement incité à rejoindre le sud, recherchant plus de vérité et de simplicité, bien que le fondement des hommes soit identique partout. Mais mon cheminement n’est pas terminé au Sud de ce monde….

V.P : Depuis quand peints tu ?

P : Mes œuvres écrites sont prioritaires pour précision à mes activités de peintre.
Je peints depuis 1993, mais bien plus depuis 2002.

V.P : A quel grand courant artistique associerais tu tes œuvres ? (impressionnisme, réalisme, dadaïsme ? ou autre…

P : Je suis dans le figuratif. Voir mon site avec mes tableaux. Je travaille toujours avec les huiles traditionnelles, les techniques utilisant les autres matières m’intéressent moins. ( pour mon usage personnel, ensuite j’admire chez d’autres artistes selon). Je ne cherche pas à m’inscrire dans un courant particulier, je recherche la lumière et les ombres et le jeu des couleurs. Pas encore prêts à tomber dans l’abstrait total bien que certains pensent que j’y serais apte, mais je ne désire pas tomber totalement dans le comptant pour rien … Ou commence l’art et ou se termine-t-il actuellement ?

V.P : En as-tu fais ton métier ou cela reste il une passion ? Si c’est juste une passion, quelle est ta profession et pourquoi ne vis tu pas de ta peinture ?

P : Les artistes ne vivent pas entièrement de leur art pour la majorité, mais j’ai de nombreuses autres cordes ou compétences plus professionnelles en parallèle selon les moments. Mais je ne m’inscris pas dans une passion, si ce n’est alors mon choix de vie pour mon œuvre philosophique et spirituelle, qui est gravé depuis quelques années dans un cheminement atypique, que je vous laisse découvrir sur mon site.

V.P : Tu vis actuellement à Agadir, ne trouves tu pas que cela limite les possibilités de faire connaître tes œuvres au grand public ?

P : Le grand public au Maroc est limité à une élite économique qui réside à Casablanca. L’art s’est ouvert au Maroc avec l’économie, donc depuis peu. Malheureusement je dirais, car le nombre des galeries qui se sont ouvertes depuis quelques années ne reflètent que l’aspect financier du marché de l’art et bien moins la qualité des artistes et des œuvres. Maintenant un artiste au Maroc, qui est dans le figuratif, peut à temps complet assurer ses revenus, donc un Français aussi s’il gère cela par lui-même.

Je ne me suis pas encore occupé de manière continue à l’aspect commercial de mes tableaux, le commerce en général est bien autre que le fondement des vrais artistes je précise. Je n’aime pas vraiment l’argent, c’est un mal nécessaire pour moi … le philosophe revient … Mais pourquoi pas une Galerie personnelle prochainement … ou plutôt un lieu pour artistes ou d’autres artistes inconnus du Maroc seraient aussi les bienvenus, j’y pense … Marrakech à plus de galerie qu’Agadir (une ici pour l’instant), quand vous les contactez ils sont ravi, ensuite il faut les réveiller pendant des mois et rien ne bouge…il faut aussi resté réaliste entre œuvres réelles et prix de vente, la est le problème ici. Les galeries ouvrent et se referment rapidement malheureusement, un tableau n’est souvent qu’un produit à vendre et pas d’âme artistique n’y est présente par ses galeristes. Les grandes galeries plus sérieuses (disons 4 ou 5 au Maroc) visent les artiste très côtés pour des raisons financières et non la nouveauté ni le fait de présenter les jeunes artistes, ils visent les quelques investisseurs ou amateurs, en nombre limité au Maroc.

V.P : Est ce que tu as déjà exposé ? si c’est le cas où est ce qu’on peut apprécier tes tableaux ?

P : J’ai exposé en France à mes débuts, en Martinique, en Mauritanie au Centre culturel Français, dans une galerie privée, au centre culturel marocain de Nouakchott. Dernièrement à la Galerie Lawrence Arnott à Marrakech. Mes œuvres sont aussi présentes sur mon site. Et chez moi en partie.

Allez voir mon site et surtout lisez la présentation de Philippus afin que vous ayez une meilleure approche du personnage « atypique » que je suis. Je ne m’inscris pas dans la démarche d’un européen qui aurait désiré venir vivre au Maroc de manière habituelle.
___________________________
Le site de philippus : http://www.philippus-philippe.com/

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

16 Responses to “Philippus : peintre et philosophe au Maroc”

  1. Tout d’abord je me félicite de deviner le contributeur qui devait se prêter à l’interview ;) .
    Les analyses mènent à tous, prévoir le cours en bourse et les prochains interviewés ! ( Ca doit encourager , l’analyse . Ca marche mieux que incha allah ;) ) .

    Sinon, la fièvre de la liberté semble emporter notre ami . Même si nos activités différent, je me reconnais dans certains aspect : le besoin de se poser là où le cœur en dit, se sentir citoyen du monde et l’irrésistible désir de fuir contraintes conventionnelles. C’est quelque peu réconfortant de se sentir “moins seul” ;) .

  2. Venez me rejoindre cher Abdel, il me reste des pinceaux non utilisés, et je vous ferais comprendre comment élaguer par l’esprit les coté négatifs d’un endroit, les mêmes qu’ailleurs, seule la forme change devant nos sens…:-))
    Bien à vous Abdel Jakson…

  3. c’est bon de savoir que t’est bien et toujours a travailler bon chance pour Agadir

  4. Merci Isabel.
    Heureux de te relire via cet interview.

    Je mets ton blog afin que d’autres puisse découvrir une autre artiste et à travers elle la Mauritanie voisine.

    http://nouakchott.uniterre.com/

    Bien à toi, si tu passes par ici la porte est ouverte.

    Philippus

  5. C’est très intéressant Philippus comme interview.
    Je me souviens d’Agadir et d’Essaouira, d’un voyage à moto avec une copine. On été tombé en panne en pleine cambrousse et…des gens charmants sortis de nulle part nous ont offert le thé et ont réparé cette foutue moto japonaise, plus jolie que bien pratique.

    Le meilleur à toi et bonne continuation.

  6. @philippus
    “…Venez me rejoindre cher Abdel, il me reste des pinceaux non utilisés, et je vous ferais comprendre comment élaguer par l’esprit les coté négatifs…”

    Pour les pinceaux, hélas, je n’ai jamais eu de dons pour l’art . Et ce n’est pas faute d’avoir essayé.
    Quant à me faire “élaguer par l’esprit les coté négatifs”, j’ai bien peur que ce ne sera pas possible . J’ai besoin de voir les choses telles qu’elles se passent. C’est capitale . M’enfoncer la tête dans le sable ne m’a jamais réussi . J’ai essayé .
    En plus , le bruit je ne supporte pas . J’ai une sensation de plaisir infini d’écouter le silence. Et ça c’est un peu impossible au Maroc en dehors d’avoir une demeure éloignée . C’est ce que j’ai essayé d’avoir, mais …

  7. @Abdel
    Il n’y a pas de pays paradisiaque, ici au maroc ou ailleurs.
    Il ne suffit pas ensuite de se mettre la tête dans le sable pour ne pas voir, ma proposition serait plutôt d’être plus maître de soi, qu’importe l’endroit dans ce monde, pour se sentir soi-même partout sans obstruction des autres ou d’un environnement.
    Mais bon cela prend quelques années sur soi-même avant d’y arriver….
    Bon je garde mes pinceaux…:-))
    Philippus

  8. @philippus

    “Mais bon cela prend quelques années sur soi-même avant d’y arriver….”

    C’est de ma faute ;) .
    Non philippus, certaines conditions s’imposent pour certaines choses.

  9. Je me demandais, cher Philippus, pourquoi je “voyais” ces images d’une moto sophistiquée en panne en lisant votre article. Et puis, j’ai compris que c’est un des aspects de votre philosophie, dans un monde complexe, vous offrez des outils simples pour “réparer”. Et comme philosophe vous êtes crédible car vos actes sont en relation avec vos écrits. vous n’êtes pas de ceux qui disent: “il faut faire”, mais vous êtes de ceux qui “font”.
    Cette réparation d’une moto sophistiquée par des gens simple, au milieu d’un “coin perdu” est un exemple pour montrer que même face à la complexité, il existe des solutions simple pour réparer, se réparer, continuer.
    merci, cher philippus, pour votre philosophie, toujours si agréable à lire, et qui explique simplement beaucoup de nos problèmes actuels.

  10. Vos blogs sont superbes Isabel
    Bonne continuation.

  11. Non philippus, certaines conditions s’imposent pour certaines choses.
    @abdel

    Il y a des millions de mauvaises raisons de ne pas faire ce que l’on désire dans la vie, mais il n’y en a qu’une bonne pour le faire.

    Philippus

  12. [...] Gaza sur Casawaves ? – Casanegra et le Maroc d’aujourd’hui _______________________ (*) Merci à Philippus pour le [...]

  13. [...] une question ouverte, je me permets de faire une petite synthèse de différents commentaires de Philippus : Qu’est-ce qui fait venir les gens sur Casawaves, qu’est-ce qui fait que des intervenants [...]

  14. [...] par Philippus, l’information était dans tous les journaux, dont Aujourd’hui le Maroc : Le premier [...]

  15. [...] de presse de Philippus issue de ses contributions [...]

  16. [...] de Fabienne, Richard et Philippus qui étaient présent au concert du 22 mars. Un grand merci à Philippus (*) pour son amitié, son [...]

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