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Les chiffres de l’offshore en France

Le cabinet d’études Pierre Audouin Consultants vient de publier une étude sur l’offshoring en France. Voici quelques données intéressantes :

- 1,5 % des prestations informatique (en valeur) sont réalisées en offshore .
- 50% de progression prévue sur la période 2009-2010.
- 15 % de la délocalisation en Inde est aux mains de Capgemini.

Le marché se réparti par régions :

- 35% pour les pays de l’est.
- 30% pour l’inde.
- 10 et 15 % pour l’afrique du Nord.

PS : Sur ce sujet faut que je demande à Fred ce qu’il en pense. Ce serait bien d’avoir l’avis l’avis d’un pro

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

9 Responses to “Les chiffres de l’offshore en France”

  1. Salut Laurent, on m’a envoyé cet article hier. Comme d’hab, t’as été + vite que moi !

    Je vais donc donner à Casawaves la primeur de ma réaction !

    Chiffre par chiffre :

    - 1,5% des prestas totales en offshore : ça me paraît complètement absurde. Les anglais seraient quelque part au delà de 10, les américains au delà de 20 et les français à… 1,5. Non, ça n’a pas de sens. Déjà je suis sûr que tout l’offshore des PME innovatrices n’est pas mesuré… parce qu’il n’est jamais passé par le Syntec.
    Combien ce chiffre pourrait il atteindre ? Selon moi 30%. Pourquoi ? Parce que nous avons des clients pour lesquels nous représentons 100% de leur dev (y compris la réalisation offshore de la specs fonctionnelles – certes c’est rare). Pour certains nous faisons l’infogérance distante ET les dev. Dans ce cas, nous sommes quelque part entre 80 et 100%. Certes, ce n’est pas faisable pour 100% des clients. Mais ce chiffre a encore énormément de marge en France. J’insiste sur le fait que pour toucher les 30%, les offshorers devront atteindre un très haut niveau de qualité et d’industrialisation.
    Aujourd’hui, 100% des clients de Pentalog sont convaincus du modèle et atteignent des résultats supérieurs à ce qu’ils faisaient dans le passé avec des prestataires et des équipes françaises, GRACE 0 L’INDUSTRIALISATION des grands projets. Je connais quelques autres sociétés du même niveau, en Europe de l’Est comme en Inde. Je dois avouer que n’en identifie pas encore au Maroc. Mais je suis sûr que ça viendra.
    Par ailleurs, 1,5¨%, ça fait 1,2 Milliard… ça signifie, si on retire l’Allemagne, que nous en faisons 0,6% ;)

    - 50% de progression sur les 2 ans à venir ? Là il y va fort le Pierre Audoin. Mais je pense de toute façon que l’explosion de la demande va être énorme. Par exemple, nous avons dans nos carnets de commandes au T1 et au T2 2009, des croissances organiques de 50% (donc 2 fois et demi supérieures à celle que P. Audoin prévoit pour le marché) et sur un rythme annuel qui est maintenant de 10M€. Une augmentation de la taille du marché de 50% en deux ans, est donc possible mais attention car beaucoup de clients ne sont pas prêts. Cela signifierait aussi que les pays fournisseurs de la France seraient prêts à encaisser cette demande, et ça, ça me paraît difficile sans changement des acteurs en présence. J’en reparle plus loin.
    - 15 % de la délocalisation en Inde est aux mains de Capgemini : oui ça me paraît réaliste.
    - 35% pour les pays de l’est. Tu permets, je fais mon petit calcul ? Hmm 420M€=PDM de 1,7% pour Pentalog ! ouaouh, ça, ça me botte. Mais encore une fois, je pense que ces chiffres sont sous-évalués. Je crois, et vous le savez bien, en l’Europe de l’Est plus qu’à n’importe quelle autre zone pour gérer la relation avec l’Europe de l’Ouest, y compris la France. La question de la langue est toujours présentée en France comme la première. Mais c’est faux, c’est même de plus en plus faux. La part montante de l’Inde l’établit durablement. Je ne veux pas réduire à néant ce qui a toujours été un atout pour mon entreprise. Je reconnais d’ailleurs en avoir joué abondamment et le faire toujours. Non, la force de l’Europe, c’est l’intégration politique. La circulation absolue des matériels (pas de blocage de prototypes de téléphone à la douane, pas de bakchich…), mais aussi une circulation très facilitée des personnes, dans des cadres totalement légaux, sont atouts absolus au moment du démarrage et des phases de livraison. L’Europe de l’est, aujourd’hui encore, c’est la clef du très haut niveau à moindre coût.
    - 30% pour l’Inde. Evidemment et je peux vous dire qu’elle n’a pas fini de monter. Elle dépassera bientôt l’Europe de l’Est. Les managements opérationnels des grands comptes français et des PME innovantes sont désormais anglophones et leur culture software de plus en plus américaines avec des modes de spécifications adaptés à l’industrialisation. Leur demande, je le vois bien, est tournée vers de grands plateaux fonctionnant sous contraintes qualité élevée. L’Inde est armée pour ça. Elle est même le centre mondial du savoir… et elle a besoin de boulot.
    - 10 et 15 % pour l’Afrique du Nord : c’est émergent. Je suis particulièrement attentif à la concurrence que vous représentez. La Tunisie, en particulier, est en avance sur la région. Mais ces capacités sont limitées en nombre. Beaucoup de clients restent encore dubitatif sur la culture business du Maroc et de l’Algérie. Je comprends que cela puisse choquer de votre côté de Gibraltar. L’Union pour la Méditerranée sera évidemment un plus qui permettra peut-être de challenger une Europe de l’Est ayant perdu de sa compétitivité. Mais attention, aujourd’hui, vous êtes trop chers… sinon, je serai chez vous ;)

    En conclusion, je crois que les plus globaux, les plus capables de traiter les plus gros volumes, seront les plus forts. Ni l’Europe de l’Est, ni le Magreb, ni les deux ne pourraient traiter 600M€ de plus dans les 2 ans. C’est d’ailleurs les offres offshore de Cap, de Steria et d’autres, en Inde, qui vont bénéficier de ces augmentations. Tout simplement parce qu’il s’agira d’abord de transfert captifs.

    Vous avez compris que Pentalog a décidé se tourner vers l’Europe et vers les 20% oubliés ici : le Reste du Monde. Les 20% qui ne sont pas présentés mais qui intègrent des concurrents aussi intéressants que la Chine, le Brésil, l’Argentine ou le Vietnam. Je suis pratiquement sûr que leur part va grandir à peu près à la même vitesse que celle de l’Inde, car plusieurs d’entre eux sont très mâtures (Brésil, Chine, Argentine, Mexique) et d’autres en pleine progression et moins chers (Vietnam, Malaisie, Thailande..).

    A+

  2. Encore des super chiffres sur l’offshore qui impressione et qui confirme les predictions de SYNTEC je crois de 20% de croissance par an….vos chiffres les depassent meme.
    Ce qui montre bien qu’il y a bien une chance enorme pour le Maroc de se placer sur se creneau, meme si la stabilite politique peut etre mise en cause ou bien meme la culture business mise en cause par Fred, et bien d’autre barrages structurel (formations et autres).
    Je pense fortement que le Maroc a tous ce qu’il faut pour devenir un acteur majeur dans ce secteur mais les difficultes sont plus comportementale que autres chose…Je pense que la raison principale qui fait que le Maroc est ralenti dans sa croissance dans l’offshore est le comportement (g pas d’autres mots pour le nommer, mais rien de pejoratif) des ingenieurs Marocains qui veulent tres/trop rapidement grimper dans la hierarchie et etre augmenter. Je ne leur en veut pas, car cette attitude proviennent peut etre de l’environement innegalitaire ou bien encore des companies qui n’accordent pas d’attention extra-salariale a leur employees….en tous cas je pense que c’est le frein principale du developement offshore au Maroc…je me trompe peut-etre?…

  3. @Rachid H.
    Oui il y a une place à prendre – notamment du fait de la langue.
    Il manque simplement les écoles pour former le volume d’ingénieurs ou de techniciens nécessaire.

  4. Je pense aussi que le Maroc a un bel avenir. Ce que dit Rachid n’est pas spécifique au Maroc. G vu ça aussi en Roumanie à une époque. Maintenant, ça va mieux. Laurent, tu as tout fait raison, tout est dans l’école.

    Et si je suis d’accord sur le paramètre de la langue, il est de + en + relatif dans les très grands projets (de 15 à 50 personnes). Là le critère c’est l’organisation, l’industrialisation, le plan qualité…

  5. @Fred
    > Et si je suis d’accord sur le paramètre de la langue,
    > il est de + en + relatif dans les très grands projets

    Cela semblerait suggérer que l’avenir de l’offshoring au Maroc se trouve dans les projets « moyens » :
    - soit traité par les petites et moyennes SSII qui n’ont pas les moyen d’aller trop loin.
    - soit a destination des PME pour les même raison.

    Si tel est le cas (c’est ce que je pense), il faudrait améliorer l’accueil des PME étrangères !!!

  6. C’est hautement probable. Le nearshore a toujours été réservé à de petits volumes. Il n’y a que très peu de société en Europe et au Magreb à monter des plateau de plus de 15 personnes par client pendant qu’ils sont légions en Inde. En revanche, l’offshore des structures moyennes se développe aussi. Je pense que c’est là que sont les opportunités les plus intéressantes. J’ai par exemple 4 clients PME qui font travailler 10 personnes et plus. Personne ne s’occupe d’eux en France. C’est typiquement une clientèle moins anglophone, plus expérimentatrice, bref moins élitiste dans les modes de production. Ils sont en revanche très exigeants techniquement, souvent plus que les autres.

    En général, ils sont pris en charge par des offshorers de taille moyenne (50 à 500 collabs).

  7. Il y a aussi un autre facteur à ne pas occulter, la crise financière. En effet je pense que les prochaines années seront synonymes de restrictions budgétaires donc recherche de prestations équivalentes à des tarifs moins élevés.Cette crise fera peut être les beaux jours des destinations off shore… A suivre

  8. @Mohamed
    Avis 100% partagé. Après un moment d’effroi ou tout semble s’être arrété, les entreprises vont chercher a réduire leur coût – question de survie

  9. Article dans le Monde d’aujourd’hui:
    « L’Europe de l’Est perd de son attractivité au profit des pays méditerranéens »:

    http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/05/25/l-europe-de-l-est-perd-de-son-attractivite-au-profit-des-pays-mediterraneens_1197671_0.html

    @Fred
    Alors tu reviens au Maroc plus rapidement que prévu?…;-)

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