Networking et partage : transposable au Maroc ?

Dans un article récent, Laurent parlait au Maroc d`un partage inexistant entre confrères en utilisant la métaphore du radeau. On est soit sur l’embarcation, soit on sera un futur noyé. Donner sans recevoir, partager, est une des caractéristiques des réseaux du web 2.0 liée aux rencontres réelles.

Les interactions se créant dans le virtuel se poursuivent parfois dans le réel. On va ensuite boire un verre après avoir échangé sur le web. En tant que consultant, formateur ou expert dans un domaine on partage des contacts, clients par manque de temps, compétence, car on à confiance en votre expertise…

On assiste de plus en plus à ce modèle en Amérique du Nord, ou donner à sa tribu, tribes pour Seth Godin permet d’être un initiateur, une personne sur qui l’on peut compter dans sa communauté.

Mais ce modèle pourrait il être transposable dans de cercles restreint au Maroc, dans des tribus fermées des gens avec le même état d’esprit ?

Le problème au Maroc se situent sur 3 axes : un marché “sérieux” restreint, une absence de projection sur la durée et des tribus sans mobilité sociale, interconnexions.

Le nombre de clients sérieux qui paient et assurent un recouvrement est très rare. A partir de là, la concurrence entre gens d’un même secteur sera très très forte. Ce phénomène sera amplifié d’autant plus que l’on est sur une niche. Ce modèle est difficilement transposable au Maroc à cause de la perpétuelle méfiance de ce marché comptant donc peu de bons clients.

Ensuite, le networking, “donner sans recevoir” est quelque chose qui se construit sur la longueur. Aider quelqu’un, l’aiguiller sur une bonne piste, doit être fait sans arrières pensées, ce qui est très difficilement concevable.

Le principe nord-américain veut que l’on n’attende rien mais le rapport est tacite. Le jour ou je suis en difficulté ou je perds mon emploi par exemple, je peux activer mon réseau de manière très naturelle. C’est un retour d’ascenseur qui se construit sur des mois voir années.

Au Maroc, la volonté d’obtenir quelque chose très rapidement fait que la personne basant sa stratégie sur la durée ne gagnera pas aussi facilement.

Enfin, troisième point les tribus se reproduisent sur des schémas identique, les enfants des classes dirigeantes et aisés sont enclin pour la plupart à adopter un comportement uniquement dans leur tribus. Celles-ci sont rarement connectés avec d’autres classes, les entrants ne peuvent y pénétrer.

Je pense que l’interconnexion va se mettre en place mais cela va prendre beaucoup de temps.

Sans mettre sur un piédestal les MRE ou autres expatriés ; je rejoins l’idée que le changement, ses valeurs de partage professionnels au Maroc viendront de l’extérieur à condition que les mouvements soient en masse et non par goutte d’eau. On retrouve ce phénomène d’émulation, amplifié grâce à Facebook avec de nombreux groupes comme Maroc Connexion qui organise à plusieurs endroits dans le monde (France, Etats-Unis, Middle East…) des rencontres de la diaspora marocaine comme la prochaine “Business Party III in Dubai qui a lieu le 19 février.

Du regroupement virtuel, on passe aux rencontres réelles. avec des échanges professionnelles.

À propos de Hicham Souilmi

Installé a Montréal depuis fin 2007 je travaille dans le domaine des CMS, suis consultant web indépendant - webmedias.net
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