sex toys au Maroc : un marché juteux

Qui a dit qu’il était impossible de trouver des Sex toys au Maroc ? Contrairement aux idées reçues, les marocaines (surtout celles âgées entre 20 et 25 ans) en sont friandes. Mis à part les commandes privées faites à une amie qui s’envolerait pour l’Europe, et qui ramènerait avec elle un jouet coquin sous le manteau, il existe de vrais réseaux, parfaitement discrets et organisés qui se chargent de vendre ces jouets pour adultes. A Casablanca, deux femmes sont connues sur la place. L’une, que nous appellerons Amal, organise des soirées filles à domicile, où, sous le même principe que tupperware, les femmes peuvent essayer et acheter la marchandise, l’autre, Lina, prend des commandes privées et se charge de les acheter une fois en France ou en Europe.

Depuis environ deux, trois ans, les soirées sex toys s’organisent par le biais du bouche-à-oreille. Pour les commandes privées, même chose. Un forum sur casafree, depuis supprimé, avait été créé depuis la France pour voir s’il y avait de la demande. au Maroc Les réponses, selon Lina, n’ont pas tardées. en moins d’une semaine, une dizaine d’articles étaient demandés. En ce qui concerne les soirées sex toys, les articles sont déjà choisis et proposés aux clientes, qui peuvent également dresser des commandes particulières.

Une soirée sex toys au Maroc est tout ce qu’il y a de plus bon enfant. Des femmes de tous les âges, sans complexe, regardent les jouets du jour sous toutes les coutures afin de trouver celui qui les fera atteindre le Nirvana. Elles plaisantent, s’amusent. Toutes assument le fait d’aimer le sexe et de vouloir pimenter leur vie de couple. Peu d’entre elles achètent des faux pénis car elles estiment que leurs conjoints « assurent » à ce niveau là et que, surtout, ils ne sont pas encore prêts à accepter d’utiliser ce genre d’objet lors des rapports.

Evidemment étant donné les tabous de la société, il faut ruser pour passer la douane. Un god ou autre objet phallique explicite peut vous envoyer en prison ou vous interdire de séjour au Maroc. Lina avoue ramener des choses « soft », pas de pénis de 25 cm, ni de poupée gonflable, seulement des produits comestibles (crème de massage au chocolat par exemple) ou les petits canards vibrants qui « se font bien passer pour des jouets pour enfants ». La lingerie ainsi que les déguisements coquins sont aussi de la partie et rencontrent beaucoup de succès auprès des marocaines, généralement cadres supérieures et âgées entre 30 et 40 ans.

Les plus jeunes seraient en effet les plus gourmandes de sexe « hard », désirant avoir de vraies sensations de plaisir. Les couples et les femmes voilées passent aussi commande auprès d’Amal, qui a beaucoup de clientèle de ce type étant donné le côté secret de son activité. « Avec moi elles sont sures que le secret est bien gardé. Elles sont seules face à moi quand elles choisissent leur produit et vu l’illégalité de mon commerce, je ne vais surement pas la dénoncer ! » Même si ce petit business comporte ses risques, il est néanmoins fleurissant. Les sex shop à Casablanca existent donc aussi, mais cachés.

À propos de Vanessa Pellegrin

Journaliste multiculturelle installée à Casablanca, je travaille actuellement en tant que free lance pour la presse écrite marocaine et étrangère. Vous pouvez consulter mes articles sur Casawaves.com et me connaitre davantage sur mon blog.
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