Ségrégation : Les effets de la crise sur les marocains d’Espagne

Selon l’agence espagnole Europa press et Bledmag, le magazine des MRE, les marocains d’Espagne seraient les plus discriminés depuis l’arrivée de la crise et de l’adoption de « la loi du retour » dans la Péninsule. La police nationale de Madrid aurait en effet, diffusée une note interne où il a été spécifié que l’arrestation des clandestins marocains était une priorité nationale. Ils seraient , toujours selon les autorités espagnoles, moins chers à renvoyer au pays que les latino-américains. Les portes paroles des partis de gauche, à savoir Izquierda Unida (la gauche unie) ainsi que l’ATIME, l’association des marocains d’Espagne, crient au scandale, tandis que le gouvernement marocain s’émeut.

Ce dernier a clairement déclaré le 18 avril dernier, que rien ne pouvait justifier l’harcèlement discriminatoire à l’égard de la communauté marocaine. Une réunion entre les ministres des affaires étrangères des deux pays, Angel Lossada, et Taieb Fassi Fihri s’est tenue à Rabat, tentant de trouver un accord et de calmer le jeu. « La communauté marocaine a toujours contribué avec générosité et engagement au développement économique de l’Espagne, elle ne peut être le bouc émissaire de la profonde crise économique que traverse actuellement la péninsule ibérique.” La presse marocaine s’est d’ailleurs emparée de l’affaire dénonçant « l’attitude inacceptable et répugnante du prétendu gouvernement socialiste de Zapatero. »

Lossada a quand à lui, démentit fermement toute accusation de ségrégation envers ces MRE. Pourtant, selon le président de l’ATIME, le ton a durcit envers les marocains, qui ne veulent pas quitter l’Espagne malgré la hausse du chômage. Le gouvernement Zapatero avait en effet proposé un pan de retour aux immigrés légaux, extra-communautaires en situation de chômage en Espagne. Les candidats au retour doivent être obligatoirement volontaires, avoir droit aux indemnités de chômage et être originaire d’un pays ayant passé des accords avec la sécurité sociale espagnole. 19 pays, dont le Maroc, ont déjà souscrit ces accords bilatéraux.

La prestation de retour se fait en deux temps, 40 % des indemnités de chômage sontt versées en Espagne et 60 % sont payées dans les pays d’origine un mois plus tard. Les immigrés légaux qui acceptent ces conditions peuvent aussi bénéficier de microcrédits pouvant les aider à monter leurs propres entreprises dans les pays d’origine. Il y a bien sur une condition sine qua non à respecter pour les candidats, ne pas revenir en Espagne, renoncer au permis de travail et de résidence durant 3 années. Passé ce délai, les autorités examineront au cas pas cas les demandes de retour en Espagne.
Si, dans l’idéal, ce plan se veut humainement acceptable, la réalité est bien différente.

À propos de Vanessa Pellegrin

Journaliste multiculturelle installée à Casablanca, je travaille actuellement en tant que free lance pour la presse écrite marocaine et étrangère. Vous pouvez consulter mes articles sur Casawaves.com et me connaitre davantage sur mon blog.
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