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Le monde d’Anna …

Casabablanca – Aéroport Mohammed VI – 26 avril 2009.

Partager ses joies et ses peines, c’est ce que j’essaie de faire ici. Il ne s’agit pas d’exhibitionnisme, juste partager quelque chose d’important avec des proches. Certains d’entre vous êtes devenus des amis, en réel comme en virtuel, quoi qu’il en soit pour beaucoup d’entre vous qui venez ici régulièrement, nous avons nécessairement développé une « proximité ». Aujourd’hui je vais vous parler d’une peine une peu ancienne, et d’une joie toute présente.

Photo réalisée par Marie-Aude Koiransky (Lumière de Lune)

Je me souviens d’une journée ensoleillée de juillet, lorsque est venu me dire que maman était morte. J’avais 10 ans, ce jour là c’est tout un monde qui s’est écroulé. Cela fera bientôt 34 ans que cela est arrivé et la douleur est toujours présente … aussi vive qu’au premier jour.

Lorsque je pense à maman, je me souviens de ce que mon père nous a dit de ses derniers instants. Sa principale inquiétude en nous quittant a été de ne pas pouvoir nous accompagner jusqu’à l’age adulte. Je ne suis pas particulièrement croyant mais je sens parfois sa présence bienveillante. Lorsque je fais quelque chose dont je suis fière, j’imagine parfois, consciemment ou inconsciemment, le sourire qui aurait illuminé son visage.

Anna à 10 ans, elle part ce matin pour la France ou elle réside. Nous venons de passer une dizaine de jours ensembles, ce furent pour moi des jours inoubliables. Elle va rentrer en 6eme l’année prochaine. Je me demande toujours, comme je pense tout les parent du monde, si je suis un bon père, j’avoue que ce n’est pas facile parce je suis séparé de sa maman et aussi parce que j’ai choisi de vivre dans un autre pays.

Ce n’est pas facile non plus parce le monde d’aujourd’hui est « compliqué ». On se demande quelles sont valeurs que nous devons transmettre à nos enfants. Même si ce n’est pas facile je sais que, comme tout les papa et les mamans du monde, je dois le faire. C’est comme cela que j’ai commencé à écrire « Princesse Anna » il y a maintenant 4 ans. Je pense que tout ce que fais aujourd’hui découle de là.

Dans un monde chahuté, la dernière boussole qu’il nous reste sont les enfants. Cela peut être les siens, mais aussi tous les autres. Je n’ai pas retouché ce projet depuis quatre ans, tout simplement parce je pense que nous ne sommes plus dans une période ou il faut dire. Nous savons tous ce qui ne va pas et ce qu’il faut faire, c’est pour cela que ce petit livre se continue aujourd’hui sous la forme d’une rubrique de ce blog intitulé « Le monde d’Anna » …

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

8 Responses to “Le monde d’Anna …”

  1. Ohhh ça me fait des larmes au yeux ……c’est le coté fragile de laurent.

  2. Trés beau texte.

  3. cette incertitude de père je la connais aussi.tous les pères doivent connaitre ça.le principal,je crois,c’est de leur montrer de l’amour , aux enfants.il faut les prendre dans nos bras,le plus souvent possible.

  4. @les amis
    merci :-)

    Au sujet des fractures : Il faut faire d’une blessure une force – Peut être d’ailleurs que la douleur est une autre manière de se sentir en vie :-)

  5. Ce billet, et « lettre à un jeune bloggeur » : très forts . On se reconnait dans des choses. C’est émouvant. Paradoxalement, ils n’ont pas déclenché tant de commentaires que cela. Il y a à boire et à manger pourtant. C’est une mine d’or, il y a les douleurs de la séparation dictée par la vie. Les douleurs des doutes qu’un tournant fait vives. J’ai lu le monde d’Anna . Le papa enfin dispo , par la force des choses, pour aller la chercher à la sortie de l’école. Il y a le père qui perd le rituel des levées tôt le matin, rasé, cravaté et englouti dans le mouvement de foule …
    Les tourmentes d’un père ( et d’une mère , sans doute ) déchiré(é) par le besoin de couper le cordon d’une relation amoureuse qui ne dit plus son nom, dont la séparation devient un impératif, mais au combien pénible …
    C’est la vie dans toute sa dimension et vérité , toute crue.
    Ca fait du bien !

  6. @Gloria
    Merci :-)

    On nous apprend a cacher nos émotions alors que c’est ce que nous avons de plus beau … on appelle la part d’enfance. Il faut toujours parler avec cet enfant qui est en nous …

  7. @ Laurent,

    Les enfants sont bien au dela de nos problèmes quotidiens…
    Notre rôle de père (et j’en parle en connaissance de cause, puisque j’ai un fils de 3ans…qui m’accompagne partout) doit être basé sur la disponibilité, quoi qu’il se passe autour… afin de les préparer au mieux à une vie pas toujours et tous les jours si facile comme on nous le dit.
    C’est la Vie !

  8. @JB
    La disponibilité malheureusement on ne peut pas en avoir tout le temps (dans mon cas par exemple je suis séparé par des milliers de kilomètres).

    J’en ai conclu que j’avais comme principale rôle de lui donner confiance en elle et en la vie, a la fois le plus dur et le plus facile. Je me suis alors dit qu’il fallait simplement que je sois heureux, car les enfants sont sensibles aux émotions. Plus j’aurais le sourire, plus elle l’aura … et finalement cela marche.

    Une autre chose que j’expérimente c’est l’entrée progressive dans le monde adulte (Anna a 10 ans). Pas facile non plus. Je pense qu’il faut être le plus sincère possible, ne jamais éviter une question difficile, c’est peut être une autre forme de « disponibilité » …

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