Certains projets Casawaves en cours de développement au Maroc pourraient avoir une extension en Europe. Je vais profiter de la période des vacances pour détailler les pistes en cours d’étude.
Comment développer un sentiment d’appartenance à l’Europe chez les (jeunes) européens ? C’est une question aujourd’hui centrale pour toute personne qui s’intéresse un tant soit peu à la construction européenne. C’est sur ce point précis que le projet européen aura une chance (ou non) de continuer, de progresser …
Je pense que la solution passera par la création de véritables médias européens populaires s’appuyant sur les réseaux sociaux et par la mise en place d’outils permettant de rendre plus fluide la dernière frontière existant sur Internet et en Europe : la langue. J’aimerais dans une série d’articles à suivre proposer une vision et des solutions concrètes.
Je voudrais commencer par un voyage dans un petit village du sud du Maroc qui se nomme Goulmima. Il s’agit d’un ksar dans une palmeraie à la frontière du désert où je travaille depuis quelques mois sur un projet d’école de langue.
Avant d’aller plus loin je me permets un bref retour sur mon parcours personnel et professionnel pour expliquer la démarche qui est la mienne. Je suis chef d’entreprise, blogueur et contributeur d’Europeus depuis 2005. Je me suis intéressé à l’Europe à partir de la campagne du référendum sur la constitution européenne. J’ai la conviction depuis cette date que la construction de l’Europe bute en France (et peut-être ailleurs ?) sur une fracture entre l’élite nationale et les (jeunes) citoyens (1).
J’ai fait par ailleurs le choix de m’installer il y à 4 ans à Casablanca au Maroc où je développe plusieurs projets autour des médias interactifs et de l’éducation. Le Maroc, en plus d’être ouvert économiquement, est aujourd’hui le pays le plus connecté d’Afrique. La liberté d’expression sur Internet est proche de celle en vigueur en Europe (2). A part la liberté de circulation des citoyens, je considère Casablanca comme faisant partie des villes d’Europe.
Cette présentation étant faite, revenons dans le sud du Maroc à Goulmima. Pourquoi une école de langue ? Le constat est aujourd’hui le suivant : le Maroc est aujourd’hui le pays le plus connecté d’Afrique. Le pays jouit par ailleurs d’une grande liberté d’expression. Les quelques incidents récents – emprisonnement d’un utilisateur de facebook et d’un blogueur se sont tous soldés par une libération rapide des protagonistes. Les jeunes marocains peuvent théoriquement accéder à Internet en toute liberté. La dernière frontière sur Internet reste aujourd’hui la (maîtrise de la) langue. Si le français reste parlé (*), la maîtrise de l’écrit est défaillante. Comment dans ces conditions dialoguer ou commercer avec des étrangers francophones, sans parler de la maîtrise de l’anglais ou d’autres langues. Les jeunes marocains que je connais sont curieux, maîtrisent parfaitement les outils, mais sont exclus des possibilités qu’offre Internet.
Si l’objectif de cette école est de faire que les enfants de Goulmima entrent dans la société de l’information, il faut qu’ils maîtrisent les langues de l’Internet : le Français, l’Anglais. Cette maîtrise devra être orale mais aussi et surtout écrite. S’ils doivent un jour échanger ou commercer avec leurs « copains » à l’autre bout du monde, il ne faut pas qu’ils soient bloqués par une orthographe défaillante.
Dans notre réflexion, le « langage » informatique nous a semblé intéressant à intégrer. Au-delà de savoir utiliser Google, Facebook, et maîtriser la netiquette Internet, il semble intéressant de leur apprendre les rudiments de l’HTML pour pouvoir comprendre et enrichir le contenu des sites internet.
La musique semble naturellement s’insérer dans ce projet. On peut par exemple apprendre l’anglais ou le français à travers des chansons. La musique ajoutant un côté ludique qui semble nécessaire pour retenir l’intérêt des enfants.
« Langues et langages du monde et du Maroc » tel était l’intitulé de ce projet. On remarquera aisément que la frontière linguistique est un problème commun aux jeunes marocains et aux jeunes européens.
A suivre …