Le dernier billet consacré au projet d’école à Goulmima nous a permis d’identifier que l’ouverture d’un cyber-café était le préalable à l’ouverture de cette école de langue. La conversation d’hier avec Mo, un ami marocain connaissant bien à la fois les problématiques des NT au Maroc et le milieu rural, tournait autour des moyens de rentabiliser le cybercafé.
En effet, si on peut espérer trouver des financements pour ouvrir un cyber-café en milieu rural, se pose ensuite la question de le faire tourner, de rémunérer le personnel qui animera, formera, de régler les factures, enfin tout plein de choses « importantes ». Ma philosophie est qu’il faut dans l’idéal être autonome et dépendre le moins possible des subventions, qui peuvent être aléatoires, sujettes à pression de la part des donateurs. La question qui était posée était d’identifier un ou plusieurs business que l’on pourrait développer à partir de ce cyber.
Le développement touristique, la commercialisation de l’artisanat local sont des pistes sérieuses, mais ne peuvent à mon avis pas être placées comme moyen de financement principal. D’une part, ce développer ce type d’activités demandera du temps pour être mis en place, et nécessitera de nouveaux investissements. D’autre part, si Goulmima a la chance d’avoir un patrimoine à exploiter, il faut tenir compte de l’installation dans d’autres zones rurales où ce type de développement aura peu de raisons d’être.
Notre conversation est vite arrivée sur l’idée d’installer un petit call center. L’idée est la suivante : les call center se sont fortement développés ces dernières années au Maroc. La ressource (humaine) se fait rare : tous sont aujourd’hui à la recherche de nouveaux collaborateurs. D’une part, les plus gros ont ouvert ces dernières années de nouveaux centres dans les grandes villes du Maroc, à la recherche de ressources humaines nouvelles. L’installation dans des zones reculées est une évolution logique. D’autre part, la maîtrise de la langue est le point crucial des call center. Cette activité justifie pleinement la présence d’une école de langue. Enfin, si cela peut être mis en place, c’est une activité rentable à même de dégager, avec ses bénéfices, les moyens de financer le fonctionnement du cybercafé et de justifier la présence d’une ligne Internet de bonne qualité, dont bénéficierait le village.
Le soir même j’en parlais à Mohamed Chouhad, un autre ami qui maîtrise parfaitement la problématique des call center au Maroc. Il me confirmait que c’était une piste intéressante. Il m’a promis de me faire un retour par écrit dans les prochains jours.
Affaire à suivre donc …
Relire :
- Ecole de langue à Goulmima (2)
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