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Amo Ben : l’artiste caméléon (1/2)

Sur la scène relativement animée de la mode marocaine, un sourire franc et un enthousiasme démarqué réussissent à se détacher du décor : Amal Benayad, jeune talent de l’édition Festimode 2009, nous transmet une spontanéité irrésistible et une gaité contagieuse lors de l’interview accordée à Casawaves.

Q : on imagine souvent, chez un styliste, ce rêve d’enfance de confectionner un habit pour grands lorsqu’il s’amusait à habiller ses poupées…

R : alors là, ce n’est pas mon cas ! J’étais le parfait petit garçon manqué qui jouait au foot, avec carrément un certain mépris pour le vêtement… cela dit, j’étais déjà une petite capricieuse : Je refusais de voir quelqu’un porter un vêtement identique au mien, j’en arrivais même à l’enlever dans la rue… un vrai scandale pour ma mère ! (rire)…
Après un bac Arts plastiques, Amal Benayad (Alias Amo Ben) nous raconte qu’elle découvre le monde du costume fortuitement au cours de sa formation en scénographie au sein de l’ISADAC. Elle a une préférence pour le décor, mais se voit cependant sollicitée pour ses aptitudes en tant que costumière.

Dur dur de se faire une place dans ce domaine! Un jeune diplômé a très peu, voire pas, de chance de décrocher un job ou un stage, sans assistance. « Mon premier coup de pouce m’a été refilé par un ancien de l’ISADAC qui m’a heureusement accordé sa confiance pour confectionner les costumes d’une pièce de théâtre professionnelle… ça a été mon véritable essor… Par la suite, les affinités qui se créent et la solidarité entre jeunes facilitent le recrutement pour d’autres projets … »

Cela dit, les vues d’Amo s’étendent à d’autres disciplines artistiques pour miroiter son statut de scénographe. Elle convoite, nous dit-elle, un statut de conseillère artistique sur des plateaux de tournage ou d’événements d’arts vivants.

Q : formée à l’ISADAC : institut supérieur d’art dramatique et d’animation cultuelle, tu es donc également comédienne ?

R : oui, (rire) un peu polyvalente j’avoue ! en fait, j’estime que pour pouvoir se prétendre artiste accompli, il faut faire le tour, rouler sa bosse, prendre des risques et s’essayer à tout… D’ailleurs j’ai un projet d’exposition de peinture et de photo en cours… j’explore mes limites…

Q : et la mode dans tout ça ?

R : c’était un défi, un challenge. Je voulais tester mes capacités dans ce domaine et déceler la différence entre le travail de costumière pour des rôles et la création pour les gens normaux… c’était une expérience extraordinaire que j’espère renouveler très bientôt.

Q : tu connais personnellement Amine Bendriouech… serait-ce lui qui t’a initié à la mode ?

R : initié n’est pas du tout le terme… j’ai découvert Festimode à travers lui, étant donné que c’est un ami… j’ai assisté au défilé et j’ai aimé, sans penser qu’un jour je déposerai un dossier pour y participer à mon tour…

L’idée m’est réellement venue, 2 ans plus tard, suite à une discussion avec une amie styliste… ce devait être un travail collaboratif, sauf que les engagements de mon amie m’ont abandonnée à mon sort… j’ai déposé mon travail in extremis, mais avec une volonté de réussir… et j’ai fini par être retenue ! C’était un coup de chance énorme que j’ai saisi…

Q : il y avait aussi du talent derrière… ne négligeons pas les efforts du staff professionnel du festival !

Pour toute réponse, un sourire timide dévoile la modestie de notre jeune artiste.

Q : a posteriori, qu’est ce que le Festimode a changé pour Amal ?

R : plus de confiance.

Q : notoriété ? Reconnaissance ?

R : personnellement je ne vends pas le fait d’avoir participé au Festimode, mais ça passe de bouche à oreille forcément… et c’est une mention honorable au niveau de mon parcours…

Quant aux influences qui ont marqué sa collection, Amal nous raconte qu’elle a toujours évité au maximum de s’imprégner de styles préexistants. Pour Festimode, elle entame la réalisation de ses croquis sans travail de recherche sur les courants actuels… pour remarquer, vers la fin, la nuance asiatique qui imbibe son travail…

« L’idée était de toucher l’actualité, de donner habit à une femme guerrière mais aussi sensuelle, à la fois souple et gracieuse, avec une concentration sur les plis et les superposés… pour recevoir l’énorme surprise de voir défiler les créations de Said Mahrouf… je me suis identifiée à son travail parce que la touche asiatique et le travail de superposés y étaient… selon lui c’est la naissance d’un mouvement, une vague qui, finalement, m’a bercée sans le savoir… »

Suite de ce portrait,
la semaine prochaine…

Installé à Casablanca depuis 2005, je suis le créateur de Casavisa une agence immobilière ainsi que de Linutop une société qui développe et commercialise des petits ordinateurs sous linux. Mon prochain projet est le développement commercial de Casawaves.
Tous les articles écrits par Laurent Bervas.

One Response to “Amo Ben : l’artiste caméléon (1/2)”

  1. C’est bon ca.

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