Khansa Batma revient avec (NSTAHEL, troisieme chapitre d une saga de succe (GHARNI et PARANO) avant la sortie de son troisième album prévu pour Octobre. L’occasion de la retrouver en tête à tête pour une plongée dans son univers. Portrait d’une boule d’énergie, rebelle et amoureuse éternelle.
Khansa est née avec et dans la musique. Batma, ce nom qui résonne comme un cri de liberté et de résistance musicale lui colle à la peau. Pourtant, la Rockeuse pétillante a choisi son propre champ de bataille : l’amour. « J’ai du mal à chanter autre chose que l’amour. » Explique-t-elle. «On se rend très vite compte que dans la vie, on a trois ou quatre questions à ce sujet qui reviennent éternellement. » Qu’est-ce que l’amour, Pourquoi aime-t-on, Que devons-nous faire pour être aimés… « Les réponses sont liés au moment de vie dans lequel on se trouve et non aux questions. » Aussi a-t-elle trouvé ce puits sans fond d’inspiration pour écrire et composer.
Le sujet va de soi lorsqu’on découvre une Khansa aussi passionnée que heurtée par les sensations fortes que la vie lui offre. « On ne vit qu’une fois, je ne sais pas si c’est bien, mais pour moi c’est important de la vivre pleinement et sans concession. »
Le décor est planté, c’est de son caractère entier voire extrême que Khansa trouve son style de musique ; le rock. Romantisme écorché vif, ses chansons ont des allures de cri d’amour dans la pagaille. Un autre champ de bataille se conjugue avec le premier, celui de la liberté. On le retrouve dans son envie précoce de chanter en darija et avec des mots simples.
« J’ai commencé sérieusement à chanter à l’âge de 19 ans. A cette époque, personne ne croyait au rock chanté en arabe. » Liberté que l’on retrouve encore dans l’aspect « expérimentale » de son rock. « C’est vrai qu’au début le style fusion par lequel j’ai commencé était imposé par la maison de disque. Mais finalement, je n’ai jamais cessé de fusionner les styles. » Peut-être ce mélange lui vient-il de son goût pour le voyage, ses élans qui l’amène souvent à rencontrer les autres cultures du monde. « Ce qui m’importe à ce moment là, ce n’est pas seulement les sonorités des autres pays, ce sont les être humains que j’y trouve, avec leurs univers. »
La jeune femme dont le sourire ne s’efface jamais, même lorsque le cœur est triste, avoue aimer « la mélancolie » Elle nous raconte ; « J’aime l’hiver, la pluie, je n’aime pas être triste mais j’aime les grands sentiments. » La troisième chanson qui sortira ce mois-ci pourrait être un joli reflet de cette facette. NSTAHAL est un cri, une complainte, une remise en question. « Je me remet souvent en question, en cherchant tout le temps le bon côté à en tirer. Toute situation que nous vivons bonne ou mauvaise nous permet de nous connaitre de découvrir une autre facette de notre personnalité. Y arriver en étant honnête avec soi-même et pour moi une victoire. » « NSTAHAL » ou « Je le mérite » et à double sens.. « Je mérite de subir la souffrance d’une histoire d’amour douloureuse. Mais j’ai le mérite d’avoir aimer. Donc je mérite aussi le bonheur que m’a procurer ce sentiment. »
Le troisième et nouvel album qui sortira en octobre nous promet une véritable mise a nue. « Il s’appelle The Dark Album. Parce que la période qui correspond à l’écriture était une période un peu sombre pour moi. » Elle pense d’ailleurs que chanter est « le métier où on se dévoile le plus. » Seul mode de vie et d’expression qu’elle connaît pour se sentir vivante, elle raconte « chanter est un plaisir infini, mais il faut avouer qu’il y a un prix à payer car on ne peut contrôler son exposition. » Elle avoue que toute interview est ressentie comme une intrusion dans son intimité. Sourire presque amoureux pour sa passion elle poursuit son aveu « Le jeu en vaut la chandelle. »


