Créé en 1988 par un ancien soixante-huitard, Com’Sup est maintenant l’une des écoles majeures dans son domaine. Rencontre avec Azdine Lazrak, son directeur, de ses études aux Beaux Arts de Paris jusqu’aux trois sites high-tech de son école casablancaise.
Il a fait les Beaux Arts à Paris, et tient maintenant son cabinet d’architecte à Casablanca. Etre universitaire, ce n’est pas un métier, mais « une passion ».
Azdine Lazrak, directeur de Com’Sup, s’installe derrière son iMac géant, devant un mur recouvert de livres bigarrés et de maquettes diverses. A la tête d’une des plus grandes écoles de communication du Maroc, chemise grise et veste blanche, il se dit hédoniste et humaniste. Deux qualités qui l’auraient poussé à vouloir transmettre ce qu’il sait. A 20 ans pourtant, il aurait pu faire n’importe quoi d’autre. « Je me voyais bien travailler à l’Unesco, car j’aime voyager, par exemple. On m’a aussi offert plusieurs postes prestigieux que j’ai refusé. »
Alors il passera dans des écoles d’ingénieur, puis à l’Université, à enseigner sur l’urbanisme, avant de monter Art’Com avec quelques amis passionnés. Trop grosse, l’école sera ensuite divisée, Art’Com (qui deviendra Art’Com Sup) d’un côté, et Com’Sup, toujours dirigée par Azdine Lazrak, de l’autre.
« Le principe, c’est de monter des formations qui correspondent aux besoins de demain, résume l’architecte. Le secteur touristique, par exemple. Maintenant, je monte un projet de master communication politique, qui ouvre à la rentrée. Je me suis dit que la démocratie, c’est un métier, c’est passionnant, et ça s’apprend. » Résultat, il veut offrir aux jeunes une éthique et des méthodes, à eux qui accompagneront peut-être, demain, nos députés. « Ce n’est pas pour ça que je vais me mettre à voter, je ne l’ai jamais fait, mais j’ai quand même l’impression d’apporter ma contribution. »
Au final, Azdine Lazrak propose aujourd’hui des cours de journalisme ; un Master Culture, tourisme et communication ; et Communication des organisations. « Mais l’architecture est toujours là, tous les jours, dans ma démarche. Nous passons notre temps à construire, à écrire l’Espace. » Celui qui se définit comme un « vieux soixante-huitard » n’aurait peut-être pas imaginé qu’il passerait sa carrière ici, entre une salle de graphisme équipée d’ordinateurs neufs et un studio télé ultra-équipé. « A l’époque, j’étais contre la pub, s’amuse-t-il. Mais si j’ai ouvert une école de pub, ce n’est pas pour vendre des shampoings, mais faire de la communication dans le sens noble du terme. Ce sont ces défis là qui m’intéressent. »

